Oui, un coach peut faire beaucoup pour un candidat. Mais les professionnels du secteur corrigent volontiers quelques idées reçues sur leur métier pour éviter les déceptions.
Un coach peut vous écouter (mais il n’est pas thérapeute)
« En général, quelqu'un qui vient voir un coach a déjà
fait beaucoup de choses pour sa recherche de job, observe d’entrée
Valérie Moissonnier. Mais n’a pas trouvé et souvent est un peu épuisé. »
Même si elle peut paraître banale, la première vertu d’un coach n’est
pas si courante. « Le coach est d’abord payé pour écouter longuement et
comprendre ce qui se passe. Les personnes qui vont voir un coach
sont généralement diplômées. Elles ont les outils, mais il y a quand
même quelque chose qui ne cadre pas. Parfois elles recherchent
dans une branche dont elles ne veulent plus. Elles échouent parce
qu’elles vont faire des choses pour se saborder. » Mais un coach ne se
trompe pas de métier. « Il n’est pas rare qu’un client soit dans une
grande détresse, reconnaît Émilie Devienne, auteure du guide "Les fiches
outils du coaching" à destination de ses collègues. Mais on le traite de façon opérationnelle et non comme une pathologie. »
Conséquence : il lui arrive d’orienter des clients vers d’autres
professionnels. « Tout bon coach a toujours des thérapeutes dans son
carnet d’adresses à qui recommander certains clients dans une dépression
trop profonde. »
Un coach peut lire votre CV (mais pas vous trouver un job)
« J'ai toujours pour habitude de le dire au client au
démarrage, insiste Sophie Letourneau, coach chez Coaching Time. Parce
que si je suis là pour l'aider à avancer dans sa problématique emploi et
à la résoudre, je ne vais en aucune manière faire le travail à sa
place. » De même, Valérie Moissonnier lit volontiers les CV de ses
clients mais ne suggère aucun changement. « Ce qui m’intéresse dans un
CV, c’est comment on écrit son histoire. Alors je pose quelques
questions. Pourquoi le nom d’une entreprise paraît plus important que la
fonction exercée ? Pourquoi un candidat se sent obligé de signaler une
mention au bac alors qu’il travaille depuis 15 ans ? » Ces questions
doivent aider le candidat à réfléchir à l’image qu’il renvoie à un
recruteur. « Je me souviens d'un client qui pratiquait du sport de haut
niveau et n’en faisait absolument pas mention dans son CV, témoigne
Émilie Devienne. Il croyait que cela n'intéressait personne alors que
cela influait sur sa façon de travailler. Je fais émerger la
réflexion mais je ne tiens pas le stylo. Ensuite, libre au candidat d’en
tirer les conséquences et de réécrire son CV. »
Un coach peut vous sonder (mais pas vous orienter)
« On est au service du client, pour le faire grandir et le responsabiliser, plaide Brigitte Sellier, coach chez MySuccess. Nous l’écoutons mais nous ne sommes pas responsables du résultat comme un cabinet de reclassement. »
« Le coach n'est pas un expert métier et on part même du principe que
le client est certainement meilleur que nous dans son domaine »,
confesse Sophie Letourneau. La compétence et la philosophie du coach
sont ailleurs. « On part du principe que le client à toutes les réponses en lui mais qu'il faut un peu travailler pour les trouver.
En langage de coach, on appelle cela des questions sans intention. On
est juste dans une écoute active. Et il arrive parfois que l’on
travaille avec des questions dites puissantes qui vont permettre
d'accompagner le client dans l'exploration d'un cadre nouveau. »
Un coach entend vos démarches (mais ne demande pas de comptes)
Si Brigitte Sellier décrit son travail comme
potentiellement complémentaire de celui d’un conseiller Apec, elle
distingue clairement les deux démarches. « On peut aider un candidat en
lui demandant ce qu'il aime, ce qui le fait vibrer et dans quel domaine
il se sent plus épanoui. Mais on ne va pas lui demander combien de rendez-vous il a eu depuis la dernière séance et pour quels résultats.
D’ailleurs si un client commence une séance par une énumération
excessive de tout ce qu’il a fait depuis la dernière fois, on essaiera
plutôt de voir ce qui se cache derrière. »
Un coach passe quelques heures avec vous (mais pas plus)
Enfin le coach n’est pas un mentor qui va vous suivre pendant votre recherche d’emploi et pendant le reste de votre carrière. « Par définition, un coaching est limité dans le temps,
précise Valérie Moissonnier. Un coaching de carrière doit être limité
entre 6 et 10 heures avec un objectif précis fixé par le client, mais
que lui seul peut atteindre. »

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